Il y a plus de 30 ans maintenant, je découvrais que j'avais attrapé l'herpes genital; une IST qui me fit découvrir un monde que je ne connaissais pas: celui de la douleur, des préjugés, de la honte, de l'incompréhension et de la négligence médicale.

Tout le monde à entendu parler du VIH ainsi que des hépatites et de la syphilis. Pour cause , ces infections sont dépistées à titre préventif chez les personnes en faisant la demande, qui se croit ainsi protégé des MST graves mais aussi de la honte que pourrait accompagner la découverte d'une de ces maladies.
Bien sûr, qui n'a jamais entendu ou lu une campagne de prévention des IST, qui rabâche sans cesse que le préservatif protège de TOUTES les IST , et qu'il ne faut l'arrêter qu'une fois la relation stable, après avoir fait les tests de dépistage et en avoir parler à votre médecin. Ces phrases sont gravés dans l'esprit des gens, et les induisent en erreur!
Combien tombent de haut quand ils apprennent qu'ils ont attrapé un HPV responsable de leur cancer, un herpes génital INCURABLE et récurrent,ou une infection à chlamydia les ayant rendu stérile!
Car c'est la triste réalité, ces maladies se transmettent malgré le préservatif, et ne font l'objet d'aucun dépistage préventif!
Il est vrai que des progrès considérables ont été fait dans la prise en charge des HPV , c'est plus facile d'en parler maintenant qu'on peut le traiter, cela dit, beaucoup de gens ignore encore qu'il s'agit d'une IST, ou plutôt veulent l'ignorer, car il leur est inconcevable que tant de femmes "bien" aient contracter une IST, puisque ces maladies ne touchent que les "mauvaises gens" et donc pas eux ou leur proches. Ça parait puéril, mais la société en est encore là. Quand aux chlamydias et à l’herpès, elles restent des maladies méconnues qui font encore beaucoup de dégâts.
Une infection à chlamydia peut être soignée, s'il y a des symptômes donnant l'alerte, ou par un frottis, avant les dégâts irréversibles. De vagues progrès de dépistages périodiques ont vu le jour, mais bien sûr, ils ont vite été oublié, restriction de budget oblige!
Ce qui nous conduit tout droit à l'objet de ce post : l’herpès.
C'est à ce jour la seule IST incurable qui ne soit pas incluse dans les tests de dépistage routiniers,
Ce virus, ou plutôt ces virus (HSV1 et HSV2), sont entourés le lourds préjugés , de tabous difficiles à briser, et souffrent d'une méconnaissance globale de la part du public, et plus grave, du personnel médical.
Ces raisons font que l'infection se propage à vitesse grand V, mais dans un silence absolu.
Comme beaucoup d'autres, je suis tombé des nues quand j'ai appris la maladie, moi qui n'ai jamais "pris de risque". Choqué, je demandais alors aux différents médecins que je rencontrais comment une telle chose avait pu arriver, et quelles étaient les conséquences de la maladie. C'est en les entendant l'un après l'autre, gênés et me donnant tour à tour des informations contradictoires, voire ridicules, mais faisant aussi des insinuations insultantes, que j'ai compris que quelque chose n'allait pas.
J'ai donc du chercher par moi même, dans des livres de médecine, et sur Internet. Bien sûr, j'ai beaucoup pleuré quand j'ai réalisé, et je ne me suis plus intéressé qu'à ça, comme beaucoup d'autres le font. J'ai beaucoup appris sur cette maladie et sa complexité, mais je me suis aussi rendu compte du violent impact que l’herpès, toutes localisations confondues, pouvait avoir sur la vie des gens, ainsi que du poids des préjugés, de la honte et de l'ignorance qui entourent cette maladie pourtant si répandue!
Durant mes longues heures de lecture, je suis tombé sur des témoignages très intéressants, qui mettaient en évidence plusieurs problèmes:
Premièrement, l'effet pervers des campagnes de prévention, trop accès sur le sida et la prise de risque, ainsi que leur impact sur les médecins.
Ainsi, on trouve des témoignages de gens sans histoires venus faire les dépistages avant d'arrêter le préservatif, se retrouvant contaminés, ou d'autres, ayant un partenaire contaminé venus prendre conseil auprès de leur médecin, qui se voient mal informés et sont ainsi contaminés.
Car parmi les fausses informations qui circulent sur la maladie, voici le top 3:


-la maladie est contagieuse en dehors des poussées,
-le préservatif vous protège complètement,
-le HSV 1 est toujours au niveau labial et le HSV 2 toujours au niveau génital, autrement dit, pas de contamination via les rapports bucco-génitaux,


Bonus: le fait d'avoir HSV1 vous protège du HSV2 !
Parmi la population, toutes sortes d' idées loufoques circulent, comme la "transformation" de l’herpès labial en herpes génital, l'hérédité, bouton de fièvre est du à la fièvre, etc...
Ces fausses informations contribuent largement à répandre la maladie au sein de la population, et sèment la pagaille au sein des couples, ce qui nous amène à notre deuxième point, le poids des préjugés .
Ces préjugés sont tels que les personnes nouvellement contaminées passent leur temps à culpabiliser, ou à faire culpabiliser leur partenaire, cela pouvant aller jusqu'à l'agression physique et le harcèlement, plutôt que de regarder l'évidence : L’impossibilité d'avoir pu s'en protéger. D'autres, en revanche , prennent très vite conscience de cet état de fait, et vont réclamer des comptes. Mais curieusement, quand ils demandent à leur médecin ou gynécologue, pourquoi celui ci ne leur a jamais parlé de la maladie, certains cafouillent, d'autres répètent à tue-tête que c'est une maladie bénigne, comme pour s'en convaincre, et d'autres, les pires, insinuent plus ou moins explicitement qu'il aurait fallu mieux choisir leur partenaire! Et c'est là le pire des préjugés, celui qui consiste à croire que l’herpès génital est une maladie rare, qui ne touche que les personnes les plus dépravées qui soient. Alors qu'en fait c'est tout l'inverse, l’herpès génital est l'IST la plus répandue (avec les HPV), elle est très contagieuse, et ne fait l'objet d'aucune prévention, seulement voilà, très peu de personne ont "la chance" d'avoir un diagnostic, et encore moins de savoir qu'il s'agit d'une IST ! C'est incroyable mais vrai, certains médecins n'estiment pas utile de prévenir leur patient.
Mais ne vous avisez pas de contredire votre médecin, déjà que vous avez attrapé l’herpès génital, vous n'allez pas en plus lui dire comment faire son travail! (alors qu'en fait, s'il vous avez informé, vous n'auriez peut être pas attrapé l’herpès, mais ... est une autre histoire).
Face à des cas d’herpès très récurrents ( oro-facial ou génital ) certains médecins n'ont même pas idée de faire pratiquer un bilan immunologique complet ou de rechercher une autre infection de la muqueuse (champignon, bactérie). On dirait qu'il n'en ont rien à cirer, après tout , ce n'est que de l’herpès, pourtant, une simple carence en fer ou une mycose peut provoquer des crises à répétition.
Il arrive bien souvent que les gens souffrant d'un herpes génital nouveau et/ou récidivant se tournent vers un centre de dépistage, normalement spécialisé dans ce genre de maladie, en espérant y trouver aide et informations. Malheureusement, beaucoup font chou blanc! Quand on ne leur demandent pas ce qu'il font là, on les traite comme des "demeurés" et on leur rabâche qu'ils ont de la chance de ne pas avoir le SIDA, super, ça remonte le moral. Beaucoup finissent par se laisser persuader "qu'ils ont eu de la chance", alors même qu'ils ont conscience de n'avoir pris aucun risque. Dans certains pays il existe des groupes de soutien rassemblant les personnes atteintes pour les aider à vivre avec la maladie, mais en France on en a pas besoin, puisque officiellement l’herpès est une maladie bénigne.
Notre société est paradoxale, elle nous incite à avoir une vie sexuelle "riche et diversifiée", mais quand sonne l'heure de l'IST, vous l'avez cherché, mérité, et Dieu vous puni pour vos péchés.
Les adorateurs du préservatif pensent, grâce aux campagnes de prévention, qu'avec cet objet merveilleux, ils peuvent aller papillonner autant qu'il veulent, sans rien attraper; légèrement contre productif, non ?
Des études sérieuses menées indépendamment en Suisse et aux Etats Unis, basées sur des analyses de sang, révèlent qu'un cinquième de la population adulte est atteint par le HSV 2,( il faut enlever à cela les éventuelles contaminations labiales, et rajouter les herpes génitaux dues au HSV 1, ce qui équilibre certainement les chiffres). Les chiffres donnés pour la France sont plus que vagues, et celui le plus souvent cité provient de l'association herpes (dont on ignore la méthode statistique) qui estime à 2 millions le nombres de contaminés, ce qui est loin des 1 cinquième de la Suisse et des États Unis, mais c'est comme le nuage de Tchernobyl, le tradition française veut que ça ne passe pas par chez nous!
Dans d'autres études, le taux est estimé entre 15% et 17 %, mais rares sont les études sur ce sujet en France, puisque cela n’intéresse personne.
Pour en revenir à nos moutons, l'autre préjugé, moins méchant mais tout aussi destructeur, et celui qui consiste à croire que l’herpès est une maladie bénigne, sans incidence sur la vie du patient, et qu'en conséquence, elle n'a pas besoin d'être prévenue.Le patient voit sa vie s'écrouler devant lui, et tout ce qu'on trouve à lui dire, c'est que ce n'est pas grave, ce qui revient simplement à nier sa souffrance .
Que ce soit l'un ou l'autre de ces préjugés, les patients sont meurtris, se renferment, et pour certains ne veulent plus se faire suivre. Pourtant, ce sont souvent ces mêmes personnes, victimes d'une primo infection douloureuse, qui reçoivent un diagnostic, et qui ont le plus de risque de souffrir à long terme de récurrences.
Une maladie bénigne, ça dépend pour qui !
Certes, beaucoup de porteurs de l’herpès génital n'auront pas à souffrir de la maladie, si ce n'est de petites grattouilles confondues avec une irritation passagère ou une mycose. Pour d'autres, principalement des femmes, leur vie se transformera en cauchemar. Des crises récurrentes, que l'acyclovir et ses dérivés n'arrivent pas à enrayer, douloureuses, nécessitant parfois de la morphine mais pour lesquelles les patientes n'obtiendront au mieux que de l'aspirine, handicapantes car empêchant d'aller uriner ou même de marcher normalement et pouvant entraîner diverses complications dont des surinfections. Dans certains cas , la primo-infection peut même laisser des fissures vulvaires, douloureuses et très lentes à cicatriser. C'est sans compter sur les complications à long terme de la maladie : grossesse à risque et césarienne, risque accru du cancer du col et de contracter d'autres IST , notamment le SIDA. à cela il faut rajouter le fait de vivre dans la peur perpétuelle de l'auto-contamination, car l’herpès n'est pas un virus comme les autres, il est localisé, et peut se transmettre d'une partie du corps à l'autre, sur les muqueuses ou une blessure cutanée, principalement par l'intermédiaire des doigts. Le risque le plus grand étant l’herpès oculaire, responsable de cécité. Il y a aussi la peur de contaminer les autres , via les serviettes de toilette ou les WC, ces derniers modes de contamination n'ont pas été prouvés, mais ne peuvent toutefois pas être réfutés.
Les personnes victimes d’herpès labial se sentent très souvent défigurées et sales, et elles n'ont pas complètement tort ! Cela les empêche d'avoir une vie sociale épanouie.
Les personnes victimes d’herpès oculaire vivent dans l'angoisse permanente de perdre la vue, ce qui est dangereux, car les poussées d’herpès sont favorisée par le stress, c'est un cercle vicieux. Bien que cette complication majeure de l’herpès soit très grave, elle est très méconnue, et parfois ne figurent même pas dans les livres de médecine !
Il existe des herpes atypiques, sur la main par exemple, je vous laisse imaginer l'enfer, tout ce que vous touchez est contaminé.
L'hépatite herpétique est une maladie grave, dont beaucoup de médecins ignorent l’existence, tout comme l'infection généralisé des personnes immunodéprimés.
Les personnes ayant fait une encéphalite herpétique, quand elles ne meurent pas, ( car oui, L’HERPÈS TUE!) gardent souvent de graves séquelles neurologiques.
C'est le cas des nouveaux nés et bébés de moins de 6 mois ayant contracté l’herpès, via l’herpès génital de leur mère, ou par un baiser d'un proche parent ayant un "bouton de fièvre".
Il est d'ailleurs à noter la négligence flagrante de certains gynécologues face aux risque d’herpès néonatal, en présence d’antécédent d’herpès de la mère ou de son partenaire, ainsi que la méconnaissance du protocole de prévention par le personnel soignant, (traitement suppressif par valacyclovir pour la mère, prélèvement pour culture au moment de l'accouchement , rinçage du vagin à la bétadine, pommade ophtalmique pour le nouveau né et surveillance accrue dans les semaines suivant la naissance).
Certaines personnes souffrant de récurrences régulières, désespérées face à l'inefficacité de leur traitement et l'inertie de leur médecin, vont jusqu'à demander sur les forums de santé ou l'association herpes, un médecin spécialiste de l’herpès ( homologue des medecins spécialistes du VIH).
Et bien mes amis n'en faites rien, d'après ce que j'ai pu lire ou voir à la télévision sur les quelques rares émissions sur le sujet, ils ne sont pas mieux que les autres, et vont même jusqu'à dire de très grosses bêtises telle que 'l’herpès ne se surinfecte jamais" alors que nombreux sont les témoignages de femmes admises en urgence pour une primo-infection surinfectée avec risque de septicémie. Quand j'y pense, ça fait vraiment peur!
Bien sur, le manque d'informations et de prise en charge conduit inévitablement les malades à croire en toutes sortes de remèdes miracles, dont la publicité prolifère sur internet.
J'ai bien conscience que l’herpès est une maladie délicate est complexe, qui ne répond pas aux critères de transmission classique des autres IST. Les gens pensent qu'en couple ils sont protégés, et ne font plus attention. C'est ainsi que beaucoup trop de couples contractent une IST (SIDA ou hépatites) après une transfusion ou un accident de l'un des partenaires. Les IST ne sont pas que des IST, elles ne font pas de discrimination entre les gens "bien" et les autres; ne l’oublions jamais.

Quelques chiffres pour commenter les dégâts de l’herpès, cette maladie bénigne:

-herpès génital: IST la plus répandue avec les HPV (en occident)
-herpès oculaire: 1ère cause de CÉCITÉ d'origine infectieuse (en occident)
-200 encéphalites herpétique par an en France seulement,
-20 cas d’herpès néonatal par an en France (cela n’inclue pas les contaminations après la naissance).

L’herpès a non seulement des effets physiques, mais aussi et surtout, des effets psychologiques dévastateurs chez les personnes atteintes.
Le plus dur dans l’herpès n'est pas de l'avoir, mais de le savoir.
Car l’herpès touche là où ça fait mal: la sexualité.
Il faut être clair, quand vous attrapez l’herpès génital , vous devenez "IMBAISABLE" ! Le terme est dur, cruel , déplacé, mais traduit parfaitement la réalité. Plus personne ne veut de vous, et on ne peut pas leur en vouloir, qui voudrait attraper une IST incurable?
Vous êtes sérieux et honnête, vous prévenez votre partenaire, et il prend la tangente poliment, ou détale comme un lapin, sans même avoir fait le test, par peur d'avoir à assumer son statut sérologique. Avec un peu de chance, il ne vous regardera pas avec dégoût et ne vous jugera pas.
Bien sûr il y a des perles, des personnes qui vous accepte avec le risque d’attraper la maladie, mais là encore ce n'est pas évident. Comment accepter de faire prendre un risque à l'autre, qui souvent ne réalise pas l'impact d'une telle maladie. La peur et la culpabilité sont là à chaque rapport sexuel, et cela peut donner lieu à des rancœurs .
Se protéger efficacement est impossible, et c'est bien là le problème,
Des médecins consciencieux, et le plus souvent des sites internet, vous conseillerons d'utiliser des préservatifs féminins ou masculins et d'être quotidiennement sous antiviraux , tout pour une sexualité épanouie! Malgré tout, la contagion demeure possible, et de toute façon, un traitement antiviral à vie est impossible pour des raisons pécuniaires, 28 euros pour 5 jours de traitement ! Sans compter sur les atteintes rénales à long termes et autres effets secondaires possibles et l'absence de vrais résultats sur l'herpès.
Pire que tout: les relations sexuelles sont bien connues pour déclencher souvent des crises d’herpès!
Certaines femmes, traumatisées par le souvenir et la peur des douleurs, ne peuvent plus avoir de rapports.
à moins de faire l'amour à travers un sac poubelle, il n'y a aucun moyen de protéger votre partenaire. Après ça vous avez un peu l'impression d'avoir le sida!
C'est d'ailleurs l'impression qu'ont les gens à l'annonce de la nouvelle: pourrais je allaiter ? Puis je encore donner mon sang ? Pourrais je travailler dans le secteur médical ? Telles sont des questions qui reviennent souvent, car si l’herpès est une maladie considérablement moins dangereuse que le SIDA, l'impact social et psycho-sexuel est sensiblement le même.
On trouvera aussi souvent des personnes se rassurer en disant "au moins on en meurt pas", curieux pour une maladie bénigne; perso je n'ai jamais entendu des victimes d'eczéma chronique dire cela.


D'autres, moins scrupuleux, iront jusqu'à délibérément contaminer leurs partenaires, pour les forcer à rester avec eux , ou par pure méchanceté, cela ne vous rappelle rien ?
On pourrait croire que la seule chose à faire alors est de trouver un partenaire comme soit, mais là encore il faut se méfier. Certes les choses sont plus faciles, mais il faut néanmoins toujours faire attention à ne pas propager la maladie ailleurs, via les rapports bucco-génitaux et les caresses génitales. Bref, une sexualité bousillée!
Un diagnostic d’herpès génital constitue un choc débouchant très souvent sur une dépression à plus ou moins long terme, des crises d'angoisse et des envies suicidaires . Il est difficile de comprendre cela par rapport à l'état clinique, qui n'est pas si grave en contrastant avec d'autres maladies, mais le fait qu'elle touche à la sexualité (qu'elle réduit souvent à néant) et à la maternité, des instincts très forts, en plus du risque de contamination à autrui, de l'imprévisibilité des crises et de la douleur, du rejet et du jugement, la rendent particulièrement difficile à vivre.
J'ai d'ailleurs pu constater que, via mes messages privés, ceux qui clament haut et fort avoir réussi à vivre une vie épanouie avec la maladie, sont en fait les plus déprimés. Ils essayent d'en convaincre les autres pour se persuader eux mêmes.

Face à de telles conséquences, il me semblait impossible que rien ne soit fait pour aider les malades et prévenir la maladie. J'ai alors décidé de lire les rapports des conférences de consensus de la prise en charge de l’herpès cutané muqueux (manifestation oculaire exclues) depuis l'année 2001. A ce jour, le contenu de ces différentes conférences est identique! En 17 ans, malgré les progrès effectués sur le fonctionnement du virus, rien à changé, et les médecins traînent les pieds.
On commence toujours par les facteurs de risques tel que: un niveau socio-économique bas et un antécédent d'IST, traduisant non pas une sensibilité aux infections mais bien sûr, une prise de risque ! Étant donné ce que j'ai évoqué plus haut sur l’inefficacité du préservatif pour certaines maladies, et l'absence de dépistage préventif pour d' autres (IST bactériennes ex: blennorragie ), que sommes nous sensés faire! Vous suivez les recommandations des campagnes de prévention, vous attrapez quand même une IST, et vous êtes catalogué d’emblée comme pauvre individu ignare issu d'un milieu défavorisé qui n'a jamais appris à se protéger et qui couche avec "n'importe qui". Et après on vient vous dire que personne ne vous juge et que vous êtes paranoïaque.
Viens après la question de l'impact de l’herpès sur la qualité de vie. Il est timidement évoqué, et au mieux on trouvera, en plus du traitement antiviral, "un soutien psychologique si nécessaire". Chouette, déjà que les médecins n'y comprennent rien, les psys , eux, ne sauront même pas ce que c'est, on est bien avancer avec ça. Dans la pratique, le soutien psychologique n'existe pas. Le gros problème est qu'il est très difficile de comprendre les répercussions profondes de l’herpès lorsque l'on est PAS touché par la maladie.
Dernier point: l’intérêt de la sérologie spécifique de type. Tantôt elle ne sert à rien, tantôt elle est seulement utile chez la femme enceinte, au mieux on trouve que son intérêt préventif est à évaluer.
Il serait temps de l'évaluer un peu plus vite! Certes ce ne serait pas un diagnostic certain, et le problème du HSV1 génital serait toujours occulté, mais ce serait déjà un grand pas dans la prévention du HSV 2 , bien plus agressif et handicapant. Selon moi, le seul frein et d'ordre économique. La technique utilisée actuellement est la culture du virus prélevé sur les parties génitales, certes le diagnostique est clair si le résultat est positif, seulement dans la majorité des cas, le prélèvement est fait trop tard, et les résultats sont donc de faux négatif. Bien sur, la majorité des médecins ne remettent jamais en cause un faux négatif, et le patient pense qu'il l'a "échappé belle".
Évidemment, le poids de la prévention reste uniquement sur les épaules des malades, qui eux n'ont bénéficier d'aucune protection . C'est sûr que ça revient moins cher, tout en étant aussi inhumain qu'inefficace. D'ailleurs c'est comme ça pour la quasi totalité des sites et livres médicaux traitant du sujet, la prévention est totalement occultée, ou réduite à l'usage du préservatif et des conduites "safe sex", à vie! Très réaliste.
Les recherches sur un vaccin impossible à mettre au point depuis 60 ans et chaque année disponible dans les 5 ans semblent être l'échappatoire à une réelle stratégie de prévention.
Bref, rien de folichon à retirer de ces consensus, à croire que les intervenants ne sont là que pour manger des petits fours.
C'est bien malheureux, mais beaucoup de médecins préfèrent jouer au docteur plutôt que d'en être, et ne cherchent absolument pas à s'améliorer. En attendant, de plus en plus de personnes sont contaminées et souffrent, en silence, dans la honte, le secret et la culpabilité.
C'est un cercle vicieux, les malades sentent qu'on ne peut rien pour eux, qu'il faut qu'ils aient honte, alors ils ne parlent pas, pas même à leur médecin, qui lui en déduit bien naturellement que l’herpès est une maladie bénigne et rare, puisque le patient ne se plaint pas, et il n'informera donc pas ses futurs patients de la maladie.
Maintenant que vous avez lu tout ça, vous êtes bien informé et vous vous sentez protégé, vous vous dites que vous demanderez à votre partenaire de faire le test avant d'avoir des relations sexuelles. Et bien bonne chance! Certains ont déjà essayé, et on eu bien du mal à se le faire prescrire (à noter il n'est pas complément remboursé). Mais pourquoi ? Parce que les médecins n'en voient pas l’intérêt, après tout c'est une maladie "bénigne ", rare ou trop répandue, ou parce qu'ils ne savent même pas qu'il existe un dépistage spécifique de type. D'autres bien sûr sont loin d'être aussi stupide, mais vous baratinerons pour ne pas se faire tapez les doigts par la sécurité sociale.
Idem pour obtenir un traitement suppressif de 6 mois ou plus, vous avez intérêt à savoir mendier et supplier, après tout, tout ... est surement du cinéma, vous seriez bien le premier à avoir plus de 6 récurrences par an!
Il n'y a pas de prévention, presque pas de traitement , c'est surement parce qu'il n 'y a aucun problème. En gros, tant pis pour ceux qui l’attrapent et advienne que pourra!

Si j'ai écrit ce texte, ce n'est pas pour me plaindre, ou pour critiquer bêtement politiques et médecins, mais pour vous expliquer que vous n'y êtes pour rien, C'EST LE SYSTÈME qui est comme ça, et VOUS N’ÊTES PAS SEULS.

 

Des mesures simples pourraient limiter la propagation de la maladie, telles que:


-Des messages de prévention à la télévision, expliquant la conduite à tenir en cas d’herpès labial ( ne pas toucher la lésion, faire attention à ses yeux, ne pas embrasser les bébés, ne pas avoir de rapports bucco-genitaux pendant les poussées) ; les symptômes à reconnaître, particulièrement en cas d’herpès oculaire; et informer sur le virus et tous ces modes de transmission.
-Une meilleure formation des médecins, il n'est pas si difficile d'informer les médecins en exercice, et de consacrer un peu plus de temps dans le cursus d'études médicales pour une maladie aussi répandue, étant donné l'actuel niveau catastrophique des médecins en la matière.
-Informer les gens d'un possible dépistage, non remboursé car c'est une maladie aux conséquences limités, sauf 1 fois par an pour les détenteur de la CMU par exemple.
-Revoir les campagnes de prévention des IST, en mettant l'accent sur le fait qu'il n'y a pas que le SIDA dans la vie, et qu'une relation sexuelle présente toujours un risque, même protégée ou dans un couple stable.

De telles pratiques, peu coûteuses, permettraient de considérablement limiter la propagation de la maladie, et les préjugés qui l'entourent, qui empêchent les malades d'être soignés correctement.
Cela limiterait aussi les prescriptions coûteuses d'acyclovir à un nombre toujours plus grand de personnes contaminées. Je suis loin d'être un expert, mais ces idées me paraissent viables.
Les messages de prévention et le soutien apportés aux malades sont très largement insuffisants, et sont l'apanage de quelques associations, aucunement de l'état ( à ma connaissance). Je ne tiens pas à dramatiser, ni à placer l’herpès au dessus de la lutte contre le SIDA ou le cancer, mais simplement de le considérer pour ce qu'il est, un problème de santé publique, et non pas simplement une maladie "bénigne" sans conséquence.


D'autre part, loin de moi l'idée de juger tout ceux qui auraient "pris un risque", nous sommes tous humains et faillibles, j'étais moi même contaminé et malade pendant de nombreuses années. Dites vous bien que ceux qui vous jugent le plus sont généralement ceux qui se protègent le moins, parce qu'ils se croient au dessus de tout ça.

J'espère avoir été le plus objectif possible et vous avoir apporté des informations solides qui vous amèneront à réfléchir. N'hésitez pas à me contredire si vous jugez cela utile, ou à laisser un commentaire sur le forum.

Rémy  Altmeyer

- Autodidacte

- Consultant International

  en HERPES + MGI

- Président de l'AGP

  (Guérisseurs de Provence)

- Conférencier